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Poème Edmond Jabès - Poemas en frances traducidos



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Poème Edmond Jabès - Angoisse d'une seule fin - Poemas en frances traducidos



Poemas en frances traducidos al castellano español



Angoisse d'une seule fin
Edmond Jabès (Egipto, 1912 - 1991)

Être encore où l'on n'est plus
que cet "encore" à vivre.

Les mots de l'amitié précèdent,
toujours, l'amitié comme si
celle-ci, pour se manifester,
attendait d'être annoncée.

I.
Nous ne pouvons avoir une image
de nous-mêmes.
En avons-nous une d'autrui?
Sans doute, mais nous ne savons, jamais, hélas, si elle est la bonne.

Voir, comme on dirait "au revoir" à un
étranger, en le regardant partir.
Ce qui passe éclaire le passage.
Ce qui demeure, l'annule.

Ouvre mon nom.
Ouvre le livre.

Le bonheur que l'on éprouve à aimer n'est pas, forcément, lié à un amour heureux. Il est besoin d'amour.

Dans le miroir de ma salle de bain, je vis apparaître un visage qui aurait pu être le mien mais dont il me semblait découvrir, pour la première fois, les traits.

Visage d'un autre et, cependant, si familier.
Groupant mes souvenirs, je retrouvais, à travers lui, l'homme avec lequel on me
confound mais dont je suis seul à savoir que, de tout temps, il fut, pour moi, un étranger. Brusquement, le visage disparut et le miroir,
ayant perdu sa raison d'être, ne refléta plus que le pan de mur, lisse et blanc, qui lui faisai face.
Page de verre et page de pierre, dialoguant
entre elles, solitaires et complices.
Le livre n'a point d'origine.

Jeune est le monde au regard de l'éternité et
si vieux, au regard de l'instant.

Demande-t-on à une île qui elle est?
La mer la flatte et l'étourdit.
Un jour, elle l'engloutira.

Fixée à rien. Fixée à l'eau.

"Comment vois-tu la liberté? - demanda le
disciple à son maître. "Telles, puet-être, deux ailes téméraires se
débattant, au ciel, désespérément contre le vent", répondit le maître.
Et il ajouta : "Reste à savoir, cependant, si - -
comme tu l'as supposé aussi - - ces ailes sont bien celles d'un frêle oiseau de passage."
"Et si elles n'etaient pas les ailes du frêle oiseau? - - reprit le disciple.
"Plus juste - - dit, alors, le maître - - serait la comparison.
"L'image de la liberté serait le vent."

Chaque vérité œuvre pour sa vérité.
Modeste contribution à la Vérité universelle.
Notre foi en elle, la soutient.

...toutes ces petites vérités qui viennent miner l'idée que nous pourrions avoir d'une véritée unique.
- - Ce sont des fourmis - - pensais-je - - creu-
sant, imperturbables, leurs trous.

D'un écrou de mouvement, ne fais pas un
écrou de serrage.

"La vérité n'existe pas afin de permettre, sans
doute, à nos vérités d'exister," disait-il.
Et il ajoutait : "Le soleil une fois couché, dans
le vide espace céleste, scintillent, pour nos yeux levés, des myriades d'étoiles.
Ô solitude de chacune d'elles."

Nous errons dans la mort, éclairés par nos
vérités insistantes.

Immuable et juste est la loi. Moins sûre d'elle-
même, la justice.

Impossible à cerner est, peut-être, la Vérité.
S'efforcer de l'exprimer, c'est, souvent, faire
fausse route.
Déloyal, malgré lui, est le premier mot.

La vérité comme voie et non point comme voix?
Je crois. Je trace.
Lumière. Lumière.

"La vérité est un mot imprononçable," disait-il.

N'entrave pas la libre envolée de l'idée. Tu
serais le premier à regretter l'inconséquence de
ton geste.

L'âme est sans retenue.

Le moineau ignore le chien mais il prend garde au chat.

L'oeil rivé à la montre, tremblante attente. Chaque déplacement de l'aiguille te fait
sursauter, car elle te remet en question.
Si capricieux est le futur. Il nous surpendra

toujours. Attendre quoi, sinon la mort? Et nous la redoutons.
Attendre, peut-être, l'oubli de la mort.

Dieu n'est pas dans la réponse. Comme le diamant dans ses reflets, Il est dans la
miroitante question.

Chaque battement du coeur est ponctuelle
réponse de la mort à la question angoissée du
coeur et réponse évasive de la vie à l'énigmatique question de la mort.

Le corps est sans projets, sans futur; ceux-ci
étant rêves et désires de l'instant qui le modele.

Construis ce qui s'abîme. Instruis ce qui s'érige.

Si, hier, je n'étais pas là, porquoi m'inquiéter
de savoir si je serai là demain?
Et comment, aujourd'hui, attester ma présence parmi vous, si je suis incapable d'en fournir la preuve?

Il disait : "Se méfier des idées qui ont pris
plusieurs chemins. Pour les retrouver, on ne sait plus lequel emprunter.
"L'idée ne vient pas a nous. Nous allons a elle,
comme on retourne à la source qui nous a
abreuvés."

Le monde est petit, si petit que, de lui, le
monde fait une bouchée.

II.
"Croître en riens.
"Léger. Léger."
disait-il.
- - De quels riens s'agit-
il? - - lui demanda, un
jour, un disciple.
Et le sage répondit : "L'esprit vise, chaque fois, plus loin. Ô vertigineuse poussée vers le haut; mais qu'est-ce que le haut, sinon le perpétuel reniement du bas?"
Et il ajouta : "En bas, il n'y avait rien et là-haut, il n'y a rien mais entre filtre la lumiere."

Toute clarté est dans la pensée.

Le jour tu fondes. La nuit, tu doutes.

Pour sa gloire, la mémoire inventa le temps
sans s'apercevoir que le temps était, déjà,
mémoire d'éternité.

Le miroir ne reflete, de nous, qu'une seule
image, celle qu'il a retenue et qu'il nous révele.
L'épreuve par soustractions.

On ne peut lire qu'un mot à la fois.

Ce qui nage a l'âge de l'eau.
Ce qui respire a l'âge de l'air.
Ce qui s'estompe a l'âge du temps.

Soucieux d'attirer, sur lui, notre attention, quel recours a le corps souffrant, sinon d'exhiber, pour nous, des images de sa souffrance?
Mais l'âme?
L'âme douloureuse n'a, de soi, aucune image à proposer.
Elle est ce qui fait souffrir, mais souffre toute seule.

Apres en avoir été ébloui, le jet d'eau, progressivement, perd jusqu'à la notion de sa convaincante puissance.
Il n'est plus, dans sa fierté bafouée, que forces domestiquées, au service de l'homme.
Ô tristesse insoupçonnée des longs fleuves impavides.

Crapauds et jardinages: misere du diamant.
Ne demande pas, à l'océan, de t'indiquer la route.
Pose, plutôt, la question au roseau qui l'a perdue.

Comme on jauge une source, évaluer le débit de sa parole.
La réduire pour ne pas la tarir.

Il disait : "Un bruit de vinaigre." Cela m'a
paru, au début, curieux puis je me suis, peu à
peu, habitué à cette expression sans, toutefois, la comprendre mieux.
"Ne m'arrive-t-il pas, quelquefois, de dire :
"Un silence d'huile?"
Et il ajoutait :
"Les images, souvent, ne sont parlantes que pour ceux qui les emploient."
L'âme et le corps sont la proie des mêmes maladies.

Le jour est malade d'images.
Folie. Folie.
La nuit, malade d'oublis.

Il n'y a de vrai silence qu'aux tréfonds inexplorés des signes.

L'hiver a recouvert de neige ma plume.
La page blanche est de glace. Les mots si jeunes, déjà condamnés.
Ah n'écrire, n'écrire qu'avec de mots ressuscités. N'avoir affaire qu'aux mots de la plus haute saison.
Lumineux.

Ne pas voir. Ne pas savoir. Etre.
Aller au bout, puis plonger. élu.

"Il ne faut jamais laisser réfléchir les malades
- - écrivait ironiquement un sage.
"Pour eux, la maladie prime sur tout le reste.
Et c'est le contraire de la sagesse.
"Un malade n'a-t-il pas, récemment, sombré
dans la démence à force de se croire, réellement, malade?
"C'est qu'il souffrait, sans le savoir, d'une autre maladie."

On ne meurt que d'une mort : celle à laquelle on ne s'attendait pas.
Une flamme ne suffit point à la gloire de l'incendie.

Il s'aperçut, en vieillissant, qu'une question,
pour lui, prenait, chaque jour, plus d'importance: comment ne pas vieillir?
Mais il se trompait de question, celle qu'il
aurait dû se poser est la suivante : comment, de la sagesse, conserver toute la jeunesse?

Le rien est plus audacieux que le tout.



Angustia de un solo final

Ser todavía, allí donde ya no nos queda más que ese «todavía» por vivir.

Las palabras de la amistad preceden siempre a la amistad, como si ésta, para manifestarse, esperara a ser anunciada.

I.
No podemos tener una imagen de nosotros mismos.
¿La tenemos de los demás?
Probablemente, pero no sabemos nunca, por desgra­cia, si es la correcta.

Ver de la misma manera que decimos «Hasta más ver» a un extranjero al que miramos marcharse.
Lo que pasa alumbra el paso.
Lo que permanece, lo anula.

Abre mi nombre.
Abre el libro.

La felicidad que sentimos al amar no está forzosa­mente unida a un amor feliz.
Es necesidad de amor.

En el espejo de mi cuarto de baño vi aparecer un rostro que hubiera podido ser el mío, pero cuyos rasgos me parecía descubrir por primera vez.
Rostro de otro y, sin embargo, tan familiar.
Juntando mis recuerdos, encontraba a través de él al hombre con el que me confunden, pero del que soy el único en saber que, desde siempre, fue para mí un extranjero.
De repente el rostro desapareció y el espejo, perdida razón de ser, ya no reflejó sino el trozo de pared, liso y blanco, que se encontraba enfrente.
Página de cristal y página de piedra, dialogando entre sí, solitarias y cómplices.
El libro no tiene origen.

Joven es el mundo respecto a la eternidad, y muy vie­jo respecto al instante.

¿Acaso preguntamos a una isla quién es?
El mar la adula y la aturde.
Un día la engullirá.

Fijada a nada. Fijada al agua.

«¿Cómo ves la libertad? —preguntó el discípulo a su maestro.

«Tal vez como dos alas temerarias que, en el cielo, luchan desesperadamente contra el viento», contestó el maestro.
Y añadió: «Sin embargo, habrá que ver si, como tú también habrás supuesto, esas alas son efectivamente las de una frágil ave de paso».
«Y si no fueran las alas de la frágil ave? —siguió el discípulo.
«Más acertada - dijo entonces el maestro - sería la comparación.
«La imagen de la libertad sería el viento».

Cada verdad obra en pos de su verdad.
Modesta contribución a la Verdad universal.
Nuestra fe en ella la sostiene.

... todas esas pequeñas verdades que vienen a minar h idea que podríamos tener de una verdad única.
—Son hormigas —pensaba yo— cavando, imperturbables, sus agujeros.

De una tuerca de movimiento no hagas una tuerca de cierre.

«La verdad no existe para permitir, quizá, que nuestras verdades existan», decía él.

Y añadía: «Una vez que el sol se ha puesto, en el vacío espacio celeste centellean, para nuestros ojos alzados, miríadas de estrellas.
Oh soledad de cada una de ellas.»

Vagamos en la muerte, alumbrados por nuestras ver­dades insistentes.

Inmutable y justa es la ley. Menos segura de sí mis­ma, la justicia.

Imposible de abarcar es, tal vez, la Verdad.
Esforzarse por expresarla es, a menudo, equivocar el rumbo.
Desleal, a pesar suyo, es la primera palabra.

¿La verdad como vía y no como voz?
Yo creo. Yo trazo.
Luz. Luz.

«La verdad es una palabra impronunciable», decía él.

No le pongas trabas al libre vuelo de la idea. Serías el primero en lamentar la inconsecuencia de tu gesto.

El alma se desata.

El gorrión ignora al perro pero se cuida del gato.

El ojo clavado en el reloj, temblorosa espera. Cada desplaazamiento de la aguja te sobresalta, porque te vuelve a cuestionar.
Así de caprichoso es el futuro. Siempre nos sorprenderá.

¿Esperar qué, sino la muerte? Y la tememos.
Esperar, tal vez, el olvido de la muerte.

Dios no está en la respuesta. Como el diamante en sus reflejos, Él está en la pregunta espejeante.

Cada latido del corazón es una respuesta puntual de la muerte a la pregunta angustiada del corazón y una res­puesta evasiva de la vida a la enigmática pregunta de la muerte.

El cuerpo no tiene proyectos, ni futuro, pues éstos son sueños y deseos del instante que lo moldea.

Construye lo que se desmorona. Instruye lo que se erige.

Si ayer yo no estaba, ¿por qué preocuparme por saber si estaré mañana?
¿Y cómo acreditar hoy mi presencia entre vosotros si no soy capaz de aportar ninguna prueba de ello?

Él decía: «Hay que desconfiar de las ideas que han tomado varios caminos. Para recuperarlas, ya no se sabe cuál de ellos seguir.

«La idea no viene a nosotros. Nosotros vamos a ella, de la misma manera que volvemos a la fuente que nos dio de beber.»

El mundo es pequeño, tan pequeño que el mundo se lo traga de un bocado.

Versión de Maryse Privat



Pensamientos de amor

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Poème Edmond Jabès - Désir d'un commencement - Poemas en frances traducidos



Poemas en frances traducidos al castellano español



Désir d'un commencement
Edmond Jabès (Egipto, 1912 - 1991)

"...un livre - disait-il - que je n' écrirai jamais parce que nul ne peut l'écrire, étant un livre:
"- - contre le livre.
"- - contre la pensée.
"- - contre la vérité et contre le mot.
"- - un livre, donc, qui s'émiette à mesure qu'il se forme.
"- - contre le livre, car le livre n'a, pour contenu, que lui-míme et il n'est rien.
"- - contre la pensée, car elle est incapable de penser sa totalité et míme le rien.
"- - contre la vérité, car la vérité c'est Dieu et Dieu échappe à la pensée; contre la vérité, donc, qui demeure, pour nous, une légendaire inconnue. "- - contre la parole, enfin, car la parole ne dit que ce qu'elle peut et ce peu est le rien que seul le rien pourrait exprimer.
"Et pourtant, je sais:
"- - que le livre s'écrit contre le livre qui cherche à l'anéantir.
"- - que la pensée pense contre la pensée qui lui envie sa place.
"- - que la vérité s'impose, à travers l'instant vécu, en tant que seul instant à vivre.
"- - que le mot, en s'effaçant, ne révële rien d'autre que la détresse de l'homme qu'il efface".

Prendre congé du jour. Nuit propice.
Noire est la couleur de l'éternité.

La mémoire remue l'ombre; tel l'ombre - chevalier, son univers d'eau.

Mettre ses idées au propre, comme on essange un torchon.

Penser l'origine, n'est-ce pas, d'abord, mettre à l'épreuve l'origine?
Désir d'un commencement.

(Ah ce livre, ce livre qui serait mien, tels mon coeur et mes yeux, telles mes mains et mes jambes.
Ce livre qui emplit mes pensées.
Mais si l'on me demande: "A quoi penses-tu? Tu sembles absent", je réponds,
imperturbable: "A rien".
Ce Rien mon unique livre?)

Si, comme l'écrivait Heraclite: "La foudre crée l'univers", peut-être, pouvons-nous dire que la blessure crée l'homme.

Comme, de l'abîme de la nuit, ont surgi les astres, l'homme de la seconde moitié du vingttième siècle est né des cendres d'Auschwitz.

Ne point contrarier le cours du fleuve.
Laisser les rêves d'eau l'aiguiller.

Dans la soif, éviter de boire une eau polluée.
On la reconnaît à sa trouble transparence.
Elle a la limpidité de la non-pureté.

L'évidence, comme le vide qu'elle évince, dérange; car elle met en difficulté la vérité de laquelle elle s'est détachée.
Astres lucides; chaque fois, aux prises avec leur passé.
Le néant scintille.

Indatable regard.
Mémoire d'horizon.


Un bloc de glace n'est jamais qu'une quantité limitée d'eau que le froid a surpris.
Il n'a plus qu'une raison d'être; glacer à son tour.

Au seuil de la mort, ce n'est pas l'avenir de l'âme qui nous préoccupe mais le comportement du corps.

L'âme est un oiseau d'oubli aux ailes multicolores.

Que donne á voir le livre? — D'abord, la détresse de l'auteur. Puis son impudence.

Le serpent est, peut-étre, un mot tellement étiré, qu'il ne peut, désormais, que ramper sur son ombre.
Cruelle humiliation.
Inacceptable.
Son venin, cependant - Vengeance. Vengeance - le reconcilie avec la vie.


La mort, á l'oiseau, retire les organes du vol qui lui étaient nécessaires.
Si haut, devra-t-il voler dans la nuit, que ses ailes — les fréles ailes de la vie - lui sont, á présent, inútiles et, de trop, ses grands yeux ouverts et ronds.

Liens étroits rivant le néant au néant.
Rayage d'un beau revé; ó rive, deja, engloutie.
Ce qui coule avec nous, a, pour role et pour fin, de couler.
Objectivité de la perte.
Mais l'instant oppose, á l'esprit, un formel démenti.

Une possible approche de l'univers n'est qu'une sim­ple approche du possible.
Ici, l'impossible se butte á la perenne question de son inconcevabilité; question cruciale á laquelle il s'est toujours, dérobé.

À jamáis, il y aura un impossible que le possible mine.

Celui qui est bien couvert ne craint pas le froid. Ce-lui qui est nú, redoute autant les brûlures du soleil que les morsures du gel.
S'exposer, c'est d'accepter, d'avance, de payer le prix de son audace.
La parole que rien ne protege nous le ressasse mais nous ne l'écoutons plus.

Sereine vieillesse, comme un bandeau sur les yeux.
Bonté de l'áge.

Ne puise pas seulement dans l'amour ta forcé d'aimer.
Puise, également, celle-ci, dans sa royale forcé méme.

Si le monde a un sens, le livre en a un.
Mais lequel?

Passive raison. Raison des gouffres.

Mon père —je Fai, deja, écrit — á l'Etat Civil me de­clara né deux jours avant ma naissance.
Depuis, je vis aux cotes d'un autre moi-méme, de quarante-huit heures mon aíné.


Au Moyen-áge, en Espagne, sous 1'Inquisition, cer-tains «juifs repentis», que Fon désignait sous le nom de «ma-rrannes» et dont la plupart avaient accepté la conversión pour éviter le cbltiment supréme ou l'expuision, portaient, dans une poche appropriée, bien dissimulée dans la dou-blure de l'une des ampies manches de leurs vetements - en general, celle de gauche - un livre de petit formal, recueil de commentaires de la Thorah ou de priéres d'enfance.
Aussi pouvaient-ils, á chaqué occasion, tandis qu'ils fahaient humblement montre de soumission aux volontés de leurs implacables maítres, á travers l'épaisse étoffe qui le protégeait des regards, caresser, de leur main libre, le livre de leurs ancétres, réaffirmant par ce geste obscur, mais ó combien significatif, leur fidélité aux paroles de leur Dieu invisible et, maintenant, silencieux.

«Accepte les prophéties pour ce qu'elles sont — disait un sage. Il y a longtemps qu'elles ont cessé de briller.»
Et il lança la pierre qu'il tenait dans sa main contre le mur oú le narguait son ombre.

Ce philosophe estimé pensait que la vérité était moi-tié juive et moitié chrétienne.

L'absolue Vérité, n'étant jamáis que l'ambition dé-mesurée de toute Vérité, la question que l'on serait en droit de se poser, alors, est celle-ci: «Comment peut-on divisar, en deux, ce qui est toujours en devenir?»

«Avoir, pour témoin, le livre - écrivait un sage - c'est avoir l'univers entier pour répondant.»
Sauvés par le livre sauvé.

Le juif fait face au juif, comme la page du Livre á la page du Livre.


Deseo de un comienzo


«... un libro —decía - que nunca escribiré porque nadie pue-ie escribirlo, al tratarse de un libro:
«—contra el libro.
«—contra el pensamiento.
«—contra la verdad y contra la palabra.
«—un libro, por tanto, que se desmigaja a medida que se forma.
«—contra el libro, pues el libro no tiene por contenido otra cosa que él mismo, y ese libro no es nada.
«—contra el pensamiento, pues éste es incapaz de pensar su totalidad y ni aun la nada.
«—contra la verdad, pues la verdad es Dios y Dios escapa al pensamiento; contra la verdad, por tanto, que sigue siendo para nosotros una legendaria desconocida.
«—contra la palabra, por último, pues la palabra sólo dice lo que puede y ese poco es la nada que sólo la nada podría expresar,
Y, sin embargo, sé:
«—que el libro se escribe contra el libro que intenta aniqui­larlo.
«-que el pensamiento piensa contra el pensamiento que am­biciona su lugar.
«—que la verdad se impone, a través del instante vivido, en tanto que único instante por vivir.
«—que la palabra, al borrarse, tan sólo muestra la desazón del hombre al que borra».

Decir adiós al día. Noche propicia.
Negro es el color de la eternidad.

La memoria remueve la sombra; como la trucha y su sombra el universo de agua.

Pasar a limpio las ideas, como se restriegan los trapos.

Pensar el origen ¿no es, en primer lugar, poner a prue­ba el origen?
Deseo de un comienzo.

(¡Ah! Este libro, este libro que sería mío, como mi corazón y mis ojos, como mis manos y mis piernas.
Este libro que llena mis pensamientos.
Pero si me preguntan: «¿En qué piensas? Pareces au­sente», contesto, imperturbable: «En nada».
¿Esta Nada mi único libro?)

Si, como escribió Heráclito, «El rayo crea el universo», quizá podamos decir que la herida crea al hombre.

Al igual que del abismo de la noche surgieron los astros, el hombre de la segunda mitad del siglo xx nació de las cenizas de Auschwitz.

No alterar el curso del río.
Dejar que los sueños de agua lo orienten.

Con sed, evitemos beber agua contaminada.
Se la reconoce por su turbia transparencia.
Tiene la limpidez de la no-pureza.

La evidencia, como el vacío que evacúa, molesta, pues obstaculiza la verdad de la que se ha separado.
Astros lúcidos; luchando una y otra vez contra su pa­sado.
El vacío centellea.

Mirada no datable.
Memoria de horizonte.

Un bloque de hielo no es otra cosa que una cantidad limitada de agua a la que el frío ha sorprendido.
Ya no tiene más que una razón de ser: helar a su vez.


En el umbral de la muerte no nos preocupa el fatu­lo del alma, sino el comportamiento del cuerpo.

El alma es un pájaro de olvido de alas multicolores.

¿Qué muestra el libro? - Primero, la desazón del au­tor. Luego, su insolencia.

La serpiente es, quizá, una palabra tan estirada que sólo puede, en adelante, deslizarse por su sombra.
Cruel humillación.
Inaceptable.
Su veneno, sin embargo —Venganza. Venganza— lo reconcilia con la vida.

La muerte retira al pájaro los órganos que le hacían falta para volar.
Tan alto deberá volar por la noche, que sus alas —las fiágiles alas de la vida— son, ahora, inútiles, y sus grandes ojos, abiertos y redondos, superfluos.

Estrechos lazos encadenando la nada a la nada.
Muesca de un hermoso sueño; ¡ah! orilla, ya devo­rada.

Lo que fluye con nosotros tiene como función y como objeto fluir.
Objetividad de la pérdida.
Pero el instante opone al espíritu un mentís categórico.

Un posible acercamiento al universo tan sólo es un acercamiento a lo posible.
Aquí, lo imposible se enfrenta con el eterno proble­ma de su inconcebibilidad; problema crucial del que siem­pre ha escapado.
Siempre habrá un imposible minado por lo posible.

Aquel que está bien protegido no teme al frío.
Aquel que está desnudo recela tanto de las quema­duras del sol como de las mordeduras del hielo.
Exponerse es aceptar, de antemano, pagar el precio de la audacia.
La palabra desprotegida nos lo repite pero ya no la escuchamos.

Serena vejez, como una venda en los ojos.
Bondad de los años.

No busques solamente "en el amor tu capacidad de amar.
Búscala también en su propia capacidad soberana.

Si el mundo tiene un sentido, el libro tiene uno.
Pero, ¿cuál?

Pasiva razón. Razón de los abismos.

Mi padre - ya lo he escrito— inscribió mi nacimien­to en el Registro Civil dos días antes de nacer.
Desde entonces vivo con otro yo cuarenta y ocho horas mayor.

En la Edad Media, en España, durante la Inquisición, algunos «judíos conversos» a los que llamaban «marranos», que en su mayoría habían aceptado convertirse para evitar b pena máxima o la expulsión, llevaban en un bolsillo, di­simulado en el vuelto de una de las amplias mangas de sus vestidos - por lo general, la de la izquierda-, un libro de pequeño formato, una recopilación de comentarios de la Tora o de oraciones infantiles.
De este modo, cada vez que tenían ocasión, mientras humildemente daban muestras de sumisión a la voluntad de sus implacables maestros, podían acariciar con la mano ubre, a través de la gruesa tela que lo protegía de las mira­das, el libro de sus antepasados, reafirmando con este ges­to oscuro, pero qué significativo, su fidelidad a las palabras de su Dios invisible y, ahora, silencioso.

«Acepta las profecías por lo que son —decía un sabio—. Hace mucho tiempo que han dejado de brillar».
Y arrojó la piedra que tenía en la mano a la pared donde su sombra lo desafiaba.

Este filósofo apreciado pensaba que la verdad era mi­tad judía y mitad cristiana.
La Verdad absoluta, que sólo es la ambición desme­dida de cualquier Verdad, la pregunta que se podría hacer entonces, es la siguiente: «¿Cómo se puede dividir en dos lo que está cambiando constantemente?».

«Tener por testigo el libro —escribía un sabio— es te­ner al universo entero por garante».

Salvados por el libro salvado.

El judío hace frente al judío como la página del Li­bro a la página del Libro.

Versión de Cristina González de Uriarte



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Toujours cette image...
Edmond Jabès (Egipto, 1912 - 1991)

Toujours cette image de la main et du front,
de l'écrit rendu à la pensée.

Tel l'oiseau dans le nid, ma tête est dans ma main.
L'arbre resterait à célébrer, si le désert n'était partout

.
Immortels pour la mort. Le sable est notre part insensée d'héritage.
Puisse cette main où l'esprit s'est blotti, être pleine de semences.
Demain est un autre terme.

Saviez-vous que nos ongles autrefois furent des larmes?
Nous grattons les murs avec nos pleurs durcis comme nos cours-enfants.

Il ne peut y avoir de sauvetage
quand le sang a noyé le monde. Nous ne disposons que de nos bras pour rejoindre, à la nage, la mort

(Au-delà des mers, au-dessus des crêtes, minuscule planète non identifiée,mains urnes, rondes mains comblées, échappées à la pesanteur.)

Lorsque la mémoire nous sera rendue, l'amour connaîtra-t-il enfin son âge?

Bonheur d'un vieux secret partagé.
A l'univers s'accroche encore l'espérance du premier vocable; à la main, la page froissée.

Il n'y a de temps que pour l'éveil.


Siempre esta imagen

Siempre esta imagen de la mano y la frente,
del escrito rendido al pensamiento.

Como el pájaro en el nido, mi cabeza está en mi mano.
Quedaría por celebrar al árbol,si el desierto no lo fuera todo.

Inmortales para la muerte. La arena es nuestra insensataparte de la herencia.
Que pudiera esta manodonde el espíritu se ha acurrucadoestar llena de semillas.
Mañana es otro término.

¿Sabías que nuestras uñas fueron antaño lágrimas?
Rascamos los muros con nuestro llanto endurecido como nuestros corazones-niños.

No puede haber salvamento
cuando la sangre ha ahogado el mundo. Sólo disponemos de nuestros brazos para alcanzar, a nado, a la muerte.

(Más allá de los mares, encima de las crestas, minúsculos planetas no identificados manos unidas, redondas manos plenas escapadas a la gravedad)

Cuando la memoria nos sea devuelta, ¿conocerá finalmente el amor su edad?

Felicidad de un viejo secreto compartido.
Al universo se aferra aún
la esperanza del primer vocablo;
a la mano, la página arrugada.

Sólo hay tiempo para el despertar.

Versión de Esther Seligson



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L’étranger
Edmond Jabès (Egipto, 1912 - 1991)

La coquetterie des choses
à paraître ce qu’elles sont
Le monde est une coterie
L’étranger y a du mal à se faire entendre
On lui reproche gestes et langue
Et pour sa patiente courtoisieré
colte injures et menaces


El extranjero

La coquetería de las cosas
por parecer lo que son
El mundo es una conjura
Al extranjero le cuesta hacerse escuchar
Se le reprochan su gesto y su lengua
Y por su paciente cortesía
cosecha injurias y amenazas

Versión de Norman González y Cristina Burneo



Pensamientos de amor

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Poème Philippe Jaccottet - Poemas en frances traducidos



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Philippe Jaccottet (1925 - )

Poemas
Philippe Jaccottet - Jour à peine plus jaune...-
Philippe Jaccottet - Trop d’astres, cet été...-
Philippe Jaccottet - Derrière la fenêtre-
Philippe Jaccottet - Viatique-
Philippe Jaccottet - Mars-
Philippe Jaccottet - Je sais maintenant que je ne possède rien...-
Philippe Jaccottet - Tu es ici, l'oiseau du vent tournoie-
Philippe Jaccottet - La voix-
Philippe Jaccottet - Tant d'annes...-



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Poème Philippe Jaccottet - Jour à peine plus jaune... - Poemas en frances traducidos



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Jour à peine plus jaune...
Philippe Jaccottet (1925 - )

Jour à peine plus jaune sur la pierre et plus long,
ne vas-tu pas pouvoir me réparer?
Soleil enfin moins timoré, soleil croissant,
ressoude-moi ce coeur.

Lumière qui te voûtes pour soulever l'ombre
et secouer le froid de tes épaules,
je n'ai jamais cherché qu'à te comprendre et t'obéir.

Ce mois de février est celui où tu te redresses
très lentement comme un lutteur jeté à terre
et qui va l'emporter -
soulève-moi sur tes épaules,
lave-moi de nouveau les yeux, que je m'éveille,
arrache-moi de terre, que je n'en mâche pas
avant le temps comme le lâche que je suis.

Je ne peux plus parler qu'à travers ces fragments pareils
à des pierres qu'il faut soulever avec leur part d'ombre
et contre quoi l'on se heurte,
plus épars qu'elles


Día apenas más amarillo...

Día apenas más amarillo sobre la piedra y más extenso,
¿no me podrás restablecer?
Sol al fin menos tímido, sol creciente,
restáñame este corazón.

Luz que te curvas para alzar la sombra
y sacudir el frío de tus hombros,
siempre he intentado comprenderte y obedecerte.

Es ahora, en febrero, cuando te yergues
muy lentamente como un luchador lanzado a tierra
que va a vencer
-levántame sobre tus hombros,
lávame de nuevo los ojos, haz que al fin me despierte,
arráncame ya de la tierra, que no la siga masticando
antes de tiempo como el cobarde que soy.
Ya sólo puedo hablar a través de estos fragmentos parecidos
a piedras que hay que levantar con su parte de sombra
y contra las que tropezamos,
más dispersos que ellas.



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Trop d’astres, cet été...
Philippe Jaccottet (1925 - )

Trop d’astres, cet été, Monsieur le Maître,
trop d’amis atterrés,
trop de rébus.
Je me sens devenir de plus en plus ignare
avec le temps
et finirai bientôt imbécile dans les ronciers,
Explique-toi enfin, Maître évasif!
Pour réponse, au bord du chemin:
séneçon, berce, chicorée.


Demasiados astros, este verano...

Demasiados astros, este verano, Señor Maestro,
demasiados amigos aterrados,
demasiado jeroglífico.
Siento que con el tiempo
me vuelvo más ignorante cada día
y pronto acabaré muy tonto en los zarzales,
Explícate, por fin, Maestro evasivo!
Por respuesta, al borde del camino:
hierbacana, acanto, achicoria

Versión de Fernando Romera



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Derrière la fenêtre...
Philippe Jaccottet (1925 - )

Derrière la fenêtre dont on a blanchi le cadre
(contre les mouches, contre les fantômes),
une tête chenue de vieil homme se penche
sur une lettre, ou les nouvelles du pays.
Le lierre sombre croît contre le mur.
Gardez-le, lierre et chaux, du vent de l’aube,
des nuits trop longues et de l’autre, éternelle.


Tras la ventana...

Tras la ventana de marco enjalbegado
(contra las moscas, contra los fantasmas)
se inclina sobre una carta o sobre las noticias
del lugar, la cabeza canosa de un anciano.
La yedra oscura crece sobre el muro.
Cuidadlo, yedra y cal, del viento del amanecer,
de las noches muy largas y de la otra, eterna.

Versión de Fernando Romera



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Viatique
Philippe Jaccottet (1925 - )

Oiseau sorti de la forge
Dans la poussière de l’après-midi
dans l’odeur du fumier
dans la lumière de la place
Puisses-tu seulement
l’avoir vu sans le comprendre
avant de changer de village
N’était-ce pas
l’indestructible?


Viático

Ave salida de la fragua
en la polvareda de la tarde
en el olor a estiércol
en la luz del lugar
Quizá sólo lo hubieras
visto sin comprenderlo
antes de mudarte de ciudad
¿No era
lo indestructible?

Versión de Fernando Romera



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Mars
Philippe Jaccottet (1925 - )

Voici sans doute les dernières neiges sur les versants nord et ouest des montagnes, sous le ciel qui se réchauffe presque trop vite; il me semble cette année que je les regretterai, et je voudrais les retenir. Elles vont fondre, imprégner d’eau froide les prés pauvres de ces pentes sans arbres;
devenir ruissellement sonore ici et là dans les champs, les herbes encore jaunes, la paille. Chose elle aussi qui émerveille, mais j’aurais voulu plus longtemps garder l’autre, l’aérienne lessive passée au bleu, les tendres miroirs sans brillant, les fuyantes hermines. J’aurais voulu m’en éclairer encore, y abreuver mes yeux.

Marzo

He aquí sin duda las últimas nieves sobre las laderas norte y oeste de las montañas, bajo el cielo que se recalienta aprisa casi en demasía; me parece que este año voy a echarlas en falta. Quisiera retenerlas. Se fundirán, impregnarán de agua fría los prados pobres de estas pendientes sin árboles; se volverán un chorro sonoro, acá y allá en los campos, tiernas aún las hierbas, la paja. Cosa esta también que maravilla, pero habría querido guardar un tiempo más la otra, la limpia colada aérea pasada de azul, los tiernos espejos sin brillantez, los huidizos armiños. Hubiera querido iluminarme aún de ello, abrevar allí mis ojos.
Versión de Fernando Romera



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Poème Philippe Jaccottet - Je sais maintenant que je ne possède rien... - Poemas en frances traducidos



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Je sais maintenant que je ne possède rien...
Philippe Jaccottet (1925 - )

Je sais maintenant que je ne possède rien
pas même ce bel or qui est feuilles pourries
Encore moins ces jours volant d'hier à demain
à grands coups d'ailes vers une heureuse patrie

Elle fuit avec eux, l'émigrante fanée
la beauté faible, avec ses secrets décevants
vêtue de brume. On l'aura sans doute emmenée
ailleurs, par ces forêts pluvieuses. Comme avant

je me retrouve au seuil d'un hiver irréel
où chante le bouvreuil obstiné, seul appel
qui ne cesse pas, comme le lierre. Mais qui peut dire

quel est son sens? Je vois ma santé se réduire
pareille à ce feu bref au-devant du brouillard
qu'un vent glacial avive, efface. Il se fait tard.


Ahora sé que no poseo nada...

Ahora sé que no poseo nada, ni siquiera
Ese oro hermoso hecho de hojas marchitas,
Ni esos días que vuelan del ayer al mañana
Con grandes aletazos hacia una feliz patria.

La emigrante mustia , la belleza liviana, huyó
Con ellos, con sus falaces secretos,
Envuelta en brumas. Sin duda la conducirán
A otro lugar,; a través de estos bosques lluviosos.

Como antaño, me hallo en el umbral de un invierno
Irreal, donde canta el pardillo, obstinado, única llamada
Que no cesa, como yedra . Mas ¿quién puede decir

Cuál es su sentido? Veo mi salud disminuir,
Semejante a ese leve fuego de más allá de la niebla
Que un frío viento aviva, apaga... Ya es tarde.



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Poème Philippe Jaccottet - Tu es ici, l'oiseau du vent tournoie - Poemas en frances traducidos



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Tu es ici, l'oiseau du vent tournoie
Philippe Jaccottet (1925 - )

Tu es ici, l'oiseau du vent tournoie
toi, ma douleur, ma blessure, mon bien
De vieilles tours de lumières se noient
et la tendresse entr'ouvre ses chemins

La terre est maintenant notre patrie
Nous avançons entre l'herbe et les eaux
de ce lavoir où nos baisers scintillent
à cet espace où foudroie la faux

"Où sommes nous?"Perdus dans le coeur de
la paix. Ici, plus rien ne parle que
sous notre peau, sous l'écorce et la boue,

avec sa force de taureau, le sang
fuyant qui nous emmêle et nous secou
ecomme ses cloches mûres sur les champs


Tú estás aquí

Tú estás aquí, el ave de viento gira
Dulzura mía, herida mía, amor mío.
Viejas torres de luz se desvanecen
Y la ternura entreabre los caminos.

La tierra es ahora nuestra patria.
Entre la hierba y las aguas avanzamos,
Del lavandero donde brillan nuestros besos
Al espacio que fulminará la guadaña.

“¿dónde estamos?” Perdidos en el corazón
de la paz. Aquí, bajo nuestra piel,
bajo la corteza y el barro, sólo habla.

Con su violencia de toro, la sangre
Fugitiva que nos confunde y nos conmueve
Como esas maduras campanas sobre el campo



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Poème Philippe Jaccottet - La voix - Poemas en frances traducidos



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La voix
Philippe Jaccottet (1925 - )

Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante avec cette voix sourde et pure un si beau chant ? Serait-ce hors de la ville, à Robinson, dans un jardin couvert de neige ? Ou est-ce là tout près, quelqu'un qui ne se doutait pas qu'on l'écoutât ? Ne soyons pas impatients de le savoir puisque le jour n'est pas autrement précédé par l'invisible oiseau. Mais faisons simplement silence. Une voix monte, et comme un vent de mars aux bois vieillis porte leur force, elle nous vient sans larmes, souriant plutôt devant la mort. Qui chantait là quand notre lampe s'est éteinte ? Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le cœur qui ne cherche ni la possession ni la victoire.

La voz

¿Quién canta ahí cuando toda voz calla? ¿Quién cantacon esa voz sorda y pura un canto tan hermoso? ¿Será fuera de la ciudad, en Robinson, en un jardín cubierto de nieve? ¿O es aquí cerca, alguien que no sabía que estaban escuchándole? No estemos impacientes por saberlo ya que no de otra forma el pájaro invisible precede al día. Permanezcamos solamente en silencio. Una voz se alza y, al igual que un viento de marzo lleva su fuerza a los bosques envejecidos, ella viene a nosotros sin lágrimas, sonriendo más bien ante la muerte. ¿Quién cantaba ahí cuando nuestra lámpara se apagó? Nadie lo sabe. Mas sólo puede oír al corazón quien no busca el dominio ni la victoria.



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Poème Philippe Jaccottet - Tant d'annes... - Poemas en frances traducidos



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Tant d'années...
Philippe Jaccottet (1925 - )

Tant d'années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant ?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s'il approche ?

- J'ai fait provision d'herbe et d'eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins.


Tantos años...

¿Tantos años
y realmente un saber tan precario,
corazón claudicante?

¿Ni siquiera un desgastado óbolo con que pagar
al barquero, si se acerca?

—He hecho provisión de hierba y de agua rápida,
me he conservado muy ligero
para que la barca no se sumerja tanto.

Versión de Rafael-José Díaz



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Poem Randall Jarrell - Mail call - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



Mail call
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)

The letters always just evade the hand
One skates like a stone into a beam, falls like a bird.
Surely the past from which the letters rise
Is waiting in the future, past the graves?
The soldiers are all haunted by their lives.
Their claims upon their kind are paid in paper
That established a presence, like a smell.
In letters and in dreams they see the world.
They are waiting: and the years contract
To an empty hand, to one unuttered sound - -
The soldier simply wishes for his name.


Llamada de correo

Las cartas siempre se evaden de las manos
Unas patinan como un destello dentro de una piedra, caen como pájaros.
Seguramente el pasado desde los cuales las cartas se levantan
Está esperando en el futuro ¿transcurrirá en las tumbas?
Todos los soldados han sido visitados por los fantasmas de sus vidas.
Ellos demandan desde su calidad pagada en papel
Que establece, como el olor, una presencia.
En cartas y en sueños ellos ven el mundo.
Esperan: y el convenio de los años
En una mano vacía, en un sonido indecible-
El soldado simplemente anhela su nombre

Versión de Raúl Racedo



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Poem Randall Jarrell - The refugees - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



The refugees
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)


In the shabby train no seat is vacant.
The child in the ripped mask
Sprawls undisturbed in the waste
Of the smashed compartment. Is their calm extravagant?
They had faces and lives like you. What was it they possessed
That they were willing to trade for this?
The dried blood sparkles along the mask
Of the child who yesterday possessed
A country welcomer than this.
Did he? All night into the waste
The train moves silently. The faces are vacant.
Have none of them found the cost extravagant?
How could they? They gave what they possessed.
Here all the purses are vacant.
And what else could satisfy the extravagant
Tears and wish of the child but this?
Impose its canceling terrible mask
On the days and faces and lives they waste?
What else are their lives but a journey to the vacant
Satisfaction of death? And the mask
They wear tonight through their waste
Is death's rehearsal. Is it really extravagant
To read in their faces: What is there we possessed
That we were unwilling to trade for this?


Refugiados

En el gastado tren no hay asiento vacante.
Los niños dentro de la mascara rasgada
Tendidos imperturbables en el desierto
Del destrozado compartimiento ¿Es la calma de ellos extravagante?
Tienen caras y vidas como vos¿ Qué es lo que los poseyó
Para que tuvieran voluntad para unirse por esto?
La seca sangre centellea a lo largo de la mascara
Que ayer poseía
Un país más agradable que éste.
¿Lo tuvo? Toda la noche en el interior del gastado
Tren que se mueve silenciosamente, los rostros están vacíos.
¿Alguno de ellos habrá encontrado el costo extravagante?
¿Cómo pudieron? Dieron lo que poseían
Aquí todas las bolsas de dinero están vacantes.
¿Y, además, qué podrá satisfacer estas extravagantes
Lagrimas y deseos del Niño?
¿Es obligatorio aceptar la anulación de su terrible mascara
En los días y rostros y en las vidas que ellos derrochan?
Qué otra cosa es sus vidas excepto un viaje a la vacía
Satisfacción de la muerte? Y la máscara
Que ellos vistan esta noche continuara sus derrochados
Ensayos de Muertes. Es realmente extravagante
Leer en sus caras ¿Qué los poseyó
Para que no fueran involuntarios a unirse para esto?

Versión de Raúl Racedo



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Poem Randall Jarrell - The black swan - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



The black swan
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)

When the swans turned my sister into a swan
I would go to the lake, at night, from milking:
The sun would look out through the reeds like a swan,
A swan's red beak; and the beak would open
And inside there was darkness, the stars and the moon.
Out on the lake, a girl would laugh.
"Sister, here is your porridge, sister,"
I would call; and the reeds would whisper,
"Go to sleep, go to sleep, little swan."
My legs were all hard and webbed, and the silky
Hairs of my wings sank away like stars
In the ripples that ran in and out of the reeds:
I heard through the lap and hiss of water
Someone's "Sister . . . sister," far away on the shore,
And then as I opened my beak to answer
I heard my harsh laugh go out to the shore
And saw - saw at last, swimming up from the green
Low mounds of the lake, the white stone swans:
The white, named swans . . . "It is all a dream,"
I whispered, and reached from the down of the pallet
To the lap and hiss of the floor.
And "Sleep, little sister," the swan all sang
From the moon and stars and frogs of the floor.
But the swan my sister called, "Sleep at last, little sister,"
And stroked all night, with a black wing, my wings.


El cisne negro

Cuando los cisnes conviertan a mi hermana en un cisne
Desde la ordeñadora, iré por la noche hasta el lago.
El sol observará a través de las cañas como un cisne
El rojo pico del cisne y el pico estará abierto
Y las estrellas y la luna ahí dentro, donde hubo oscuridad.
Afuera, en el lago, una chica reirá.
“Hermana, aquí está tu guiso.”
Llamaré y las cañas susurraran
“Vete a dormir, vete a dormir pequeño cisne.”
Mis piernas estarán todas duras y con membranas y los sedosos
Cabellos de mis alas sumergidos como estrellas a lo lejos
En los murmullos que corren hacia dentro y fuera de las cañas.
Escucharé a través del susurro y el silbo del agua,
Algunos “Hermana, hermana” lejos en la costa
Y entonces abriré mi pico para responder.
Escuchare mi risa áspera yendo hacia la costa
Y dirá – dirá al fin, nadando desde el pequeño
Terraplén del lago, piedra blanca de los cisnes,
El blanco nombre de los cisnes... “Todo esto es un sueño,”
Suspiraré y me extenderé desde debajo de la camilla
Hasta el susurro del agua y el silbido del piso.
“Duerme hermanita” cantaran todos los cisnes
Desde la luna y las estrellas y los sapos del suelo.
Pero el cisne de mi hermana pronunciará: “Duerme al fin, hermanita,”
Y con un ala negra de mis alas, la acariciaré toda la noche.

Versión de Raúl Racedo



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Poem Randall Jarrell - Gunner - Poemas en ingles traducidos



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Gunner
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)

Did they send me away from my cat and my wife
To a doctor who poked me and counted my teeth,
To a line on a plain, to a stove in a tent?
Did I nod in the flies of the schools?
And the fighters rolled into the tracer like rabbits,
The blood froze over my splints like a scab - -
Did I snore, all still and grey in the turret,
Till the palms rose out of the sea with my death?
And the world ends here, in the sand of a grave,
All my wars over? How easy it was to die!
Has my wife a pension of so many mice?
Did the medals go home to my cat?


Artillero

¿Me enviaron lejos de mi gato y de mi esposa
A un doctor que contó mis dientes y me empujó
Hacia una línea en el llano hacia una cocina de hierro en una tienda?
¿Les cabecee a las moscas de las escuelas?
¿Y los luchadores se enrollaron dentro del rastro como conejos—
La sangre congelada sobre mí entablillado como una costra
Ronqué, todo quieto y gris en la torreta
Hasta que las palmeras fuera del mar se volvieron rosa con mi muerte?
¿Y los finales del mundo aquí, en la arena de una tumba
Con todas mis guerras encima? ¡ Cuán fácil ha sido morir!
¿Tiene mi esposa una pensión para tantos ratones?
¿Las medallas hicieron regresar mi gato a casa?

Versión de Raúl Racedo



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Poem Randall Jarrell - Losses - Poemas en ingles traducidos



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Losses
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)

It was not dying: everybody died.
It was not dying: we had died before
In the routine crashes-- and our fields
Called up the papers, wrote home to our folks,
And the rates rose, all because of us.
We died on the wrong page of the almanac,
Scattered on mountains fifty miles away;
Diving on haystacks, fighting with a friend,
We blazed up on the lines we never saw.
We died like aunts or pets or foreigners.
(When we left high school nothing else had died
For us to figure we had died like.)

In our new planes, with our new crews, we bombed
The ranges by the desert or the shore,
Fired at towed targets, waited for our scores--
And turned into replacements and woke up
One morning, over England, operational.
It wasn't different: but if we died
It was not an accident but a mistake
(But an easy one for anyone to make.)
We read our mail and counted up our missions--
In bombers named for girls, we burned
The cities we had learned about in school--
Till our lives wore out; our bodies lay among
The people we had killed and never seen.
When we lasted long enough they gave us medals;
When we died they said, "Our casualties were low."

They said, "Here are the maps"; we burned the cities.
It was not dying - -no, not ever dying;
But the night I died I dreamed that I was dead,
And the cities said to me: "Why are you dying?
We are satisfied, if you are; but why did I die?"


Perdidas

No fue el morir: todos mueren
No fue el morir: ya habíamos muerto antes
en los accidente rutinarios –y nuestros comandantes
llamaron a la prensa, escribieron a nuestras casas.
y aumentó la estadística, todo por causa de nosotros.
Morimos en una página de almanaque que no era la nuestra.
Desparramados sobre montañas a cincuenta millas una de otra,
cayendo de cabeza en un pajar, peleando con un amigo,
nos encendimos en las líneas que nunca vimos.
Morimos como tías o perritos o extranjeros.
( Cuando dejamos la escuela sólo estos habían muerto
para nosotros, y comprendimos que estábamos así.)

En nuestros aviones, con nuevas tripulaciones, bombardeamos
los blancos del desierto o de la costa,
disparamos sobre los objetivos espiados, esperamos a ver qué tantos
nos apuntamos, y pasamos a la respuesta, y despertamos
una mañana, sobre Inglaterra, en operaciones.
No fue diferente: pero si morimos
no fue por accidente sino por error
( pero un error muy fácil de cometer).
Leíamos nuestras cartas y contábamos nuestros vuelos—
En bombarderos con nombres de muchachas, incendiábamos
las ciudades que aprendimos en la escuela—
Hasta que se nos acabó la vida. Nuestros cuerpos quedaron
con los de un pueblo que matamos sin conocerlo.
Cuando duramos lo suficiente nos dieron medallas;
cuando morimos dijeron: “Nuestras bajas son pocas.”

Dijeron: “Aquí están los mapas”; quemamos las ciudades.
No fue morir –no el tener que morir:
Pero la noche que morí soñé que estaba muerto,
Y las ciudades me dijeron; “Por qué estás muriendo?
Estamos contentas porque lo estás; pero ¿por qué morí yo?



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Poem Randall Jarrell - A camp in the prussian forest - Poemas en ingles traducidos



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A camp in the prussian forest
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)


I walk beside the prisoners to the road.
Load on puffed load,
Their corpses, stacked like sodden wood,
Lie barred or galled with blood

By the charred warehouse. No one comes to-day
In the old way
To knock the fillings from their teeth;
The dark, coned, common wreath

Is plaited for their grave - a kind of grief.
The living leaf
Clings to the planted profitable
Pine if it is able;
The boughs sigh, mile on green, calm, breathing mile,
From this dead file
The planners ruled for them. . One year
They sent a million here:

Here men were drunk like water, burnt like wood.
The fat of good
and evil, the breast's star of hope
were rendered into soap.

I paint the star I sawed from yellow pine -
And plant the sign
In soil that does not yet refuse
Its usual Jews
Their first asylum. But the white, dwarfed star -
This dead white star -
Hides nothing, pays for nothing; smoke
Fouls it, a yellow joke,

The needles of the wreath are chalked with ash,
A filmy trash
Litters the black woods with the death
of men; and one last breath

Curls from the monstrous chimney . . I laugh aloud
Again and again;
The star laughs from its rotting shroud
Of flesh. O star of men!


Campamento de prisioneros en un bosque prusiano

Camino al lado de los prisioneros hasta la carretera.
Peso sobre sofocado peso,
sus cuerpos, apilados como madera mojada,
yacen confinados o llagados con sangre

cerca del calcinado almacén. Nadie viene hoy
como antes
a palpar las orificaciones de sus dientes;
la oscura, ahusada, común guirnalda

es doblada para sus tumbas-especie de dolor.
La hoja viva
se aferra al plantado provechoso
pino si es capaz;

las ramas suspiran, hito en el verde, calmo, respirante hito,
de esta muerta fila
que los planificadores disponían para ellos... Un año
enviaron aquí un millón:

aquí los hombres eran bebidos como agua, quemados como madera.
El sebo del bien
y del mal, la estrella de esperanza del pecho
convertidos en jabón.

Pinto la estrella que corté de un pino amarillo-
y la planto
en suelo que ahora no rehúsa
a sus cotidianos judíos
su primer asilo. Pero la blanca, diminuta estrella-
esta muerta estrella blanca-
nada esconde, nada paga; el humo
la ensucia, un amarillo juego,

las agujas de la guirnalda se tiznan de ceniza,
una capa de escombro
cubre los negros bosques con la muerte
de los hombres; y un último respiro

se encrespa en la monstruosa chimenea... Rió fuerte
una y otra vez;
la estrella ríe desde su podrido sudario
de carne. ¡Oh, estrella de los hombres!



Pensamientos de amor

Poem Randall Jarrell - A camp in the prussian forest - Poemas en ingles traducidos

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Poem Randall Jarrell - The death of the ball turret gunner - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



The death of the ball turret gunner
Randall Jarrell (EEUU, 1914-1965)

From my mother's sleep I fell into the State,
And I hunched in its belly till my wet fur froze
Six miles from earth, loosed from its dream of life,
I woke to black flak and the nightmare fighters.
When I died they washed me out of the turret with a hose.


La muerte del artillero de la cúpula blindada

Desde el sueño de mi madre caí en el Estado,
y me encorvé en su vientre hasta que mi mojada piel se heló.
A seis millas de tierra, separado de su sueño de vida,
me desperté ante una negra barrera antiaérea y la pesadilla de los caza.
Cuando morí me lavaron de la torreta con una manguera.



Pensamientos de amor

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Poem Edward Taylor - Upon what base? - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



Upon what base?
Edward Taylor (1645-1729)


Upon what base was fixed the lathe wherein
He turned this globe and rigolled it so trim?
Who blew the bellows of His Furnace vast?
Or held the mold wherein the world was cast?
Who laid its cornestone? Or whose command?
Where stand the pillars upon which it stands?
Who laced and filleted the earth so fine
With rivers like green ribbons smaragdine?
Who made the seas its selvage, and its locks
Like a quilt ball within a silver box?
Who spread its canopy? Or curtains spun?
Who in this bowling alley bowled the sun?


¿Sobre qué base?

Sobre qué base fue fijado el torno en el que
giró esta esfera y moldeó sus encajaduras?
¿Quién avivó con fuelles Sus vastos Hornos,
o quién sostuvo el molde donde el mundo fue fundido?
¿Quién puso su piedra angular o a quiénes mandó?
¿Dónde yacen los pilares sobre los cuales permanece?
¿Quién delineó y bordeó la Tierra con hermosura,
con ríos semejantes a verdes cintas del color de las esmeraldas?
¿Quién hizo los mares y les puso límites, quién contuvo las aguas
como a un ovillo de tela en una caja plateada?
¿Quién extendió sus doseles o quién hiló sus cortinas?
¿Quién a este sendero arrojó el sol?



Pensamientos de amor

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Poem Sara Teasdale - If death is kind - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



If death is kind
Sara Teasdale (1884-1933)


Perhaps if Death is kind, and there can be returning,
We will come back to earth some fragrant night,
And take these lanes to find the sea, and bending
Breathe the same honeysuckle, low and white.

We will come down at night to these resounding beaches
And the long gentle thunder of the sea,
Here for a single hour in the wide starlight
We shall be happy, for the dead are free.


Si la muerte es amable

Si tal vez la muerte es amable, y puede que haya un retorno,
volveremos a la tierra alguna noche fragante,
y tomaremos estos caminos para encontrar el mar, y doblando
respirar la misma azalea, baja y blanca.

Bajaremos de noche a esas playas resonantes,
y al largo, suave trueno del oceano,
aqui por una sola hora en la ancha luz de las estrellas
seremos felices, por los muertos son libres.



Pensamientos de amor

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Poem Alfred Lord Tennyson - Ulysses - Poemas en ingles traducidos



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Ulysses
Alfred Lord Tennyson (1809-1892)

It little profits that an idle king,
By this still hearth, among these barren crags,
Match'd with an aged wife, I mete and dole
Unequal laws unto a savage race,
That hoard, and sleep, and feed, and know not me.
I cannot rest from travel: I will drink
Life to the lees: All times I have enjoy'd
Greatly, have suffer'd greatly, both with those
That loved me, and alone, on shore, and when
Thro' scudding drifts the rainy Hyades
Vext the dim sea: I am become a name;
For always roaming with a hungry heart
Much have I seen and known; cities of men
And manners, climates, councils, governments,
Myself not least, but honour'd of them all;
And drunk delight of battle with my peers,
Far on the ringing plains of windy Troy.
I am a part of all that I have met;
Yet all experience is an arch wherethro'
Gleams that untravell'd world whose margin fades
For ever and forever when I move.
How dull it is to pause, to make an end,
To rust unburnish'd, not to shine in use!
As tho' to breathe were life! Life piled on life
Were all too little, and of one to me
Little remains: but every hour is saved
From that eternal silence, something more,
A bringer of new things; and vile it were
For some three suns to store and hoard myself,
And this gray spirit yearning in desire
To follow knowledge like a sinking star,
Beyond the utmost bound of human thought.

This is my son, mine own Telemachus,
To whom I leave the sceptre and the isle,
Well-loved of me, discerning to fulfil
This labour, by slow prudence to make mild
A rugged people, and thro' soft degrees
Subdue them to the useful and the good.
Most blameless is he, centred in the sphere
Of common duties, decent not to fail
In offices of tenderness, and pay
Meet adoration to my household gods,
When I am gone. He works his work, I mine.

There lies the port; the vessel puffs her sail:
There gloom the dark, broad seas. My mariners,
Souls that have toil'd, and wrought, and thought with me
That ever with a frolic welcome took
The thunder and the sunshine, and opposed
Free hearts, free foreheads--you and I are old;
Old age hath yet his honour and his toil;
Death closes all: but something ere the end,
Some work of noble note, may yet be done,
Not unbecoming men that strove with Gods.
The lights begin to twinkle from the rocks:
The long day wanes: the slow moon climbs: the deep
Moans round with many voices. Come, my friends,
Is not too late to seek a newer world.
Push off, and sitting well in order smite
The sounding furrows; for my purpose holds
To sail beyond the sunset, and the baths
Of all the western stars, until I die.
It may be that the gulfs will wash us down:
It may be we shall touch the Happy Isles,
And see the great Achilles, whom we knew.
Tho' much is taken, much abides; and tho'
We are not now that strength which in old days
Moved earth and heaven, that which we are, we are;
One equal temper of heroic hearts,
Made weak by time and fate, but strong in will
To strive, to seek, to find, and not to yield.


Ulises
Alfred Tennyson (1809-1892)


De nada sirve que viva como un rey inútil
junto a este hogar apagado, entre rocas estériles,
el consorte de una anciana, inventando y decidiendo
leyes arbitrarias para un pueblo bárbaro,
que acumula, y duerme, y se alimenta, y no sabe quién soy.
No encuentro descanso al no viajar; quiero beber
la vida hasta las heces. Siempre he gozado
mucho, he sufrido mucho, con quienes
me amaban o en soledad; en la costa y cuando
con veloces corrientes las constelaciones de la lluvia
irritaban el mar oscuro. He llegado a ser famoso;
pues siempre en camino, impulsado por un corazón hambriento,
he visto y conocido mucho: las ciudades de los hombres
y sus costumbres, climas, consejos y gobiernos,
no siendo en ellas ignorado, sino siempre honrado en todas;
y he bebido el placer del combate junto a mis iguales,
allá lejos, en las resonantes llanuras de la lluviosa Troya.
Formo parte de todo lo que he visto;
y, sin embargo, toda experiencia es un arco a través del cual
se vislumbra un mundo ignoto, cuyo horizonte huye
una y otra vez cuando avanzo.
¡Qué fastidio es detenerse, terminar,
oxidarse sin brillo, no resplandecer con el ejercicio!
Como si respirar fuera la vida. Una vida sobre otra
sería del todo insuficiente, y de la única que tengo
me queda poco; pero cada hora me rescata
del silencio eterno, añade algo,
trae algo nuevo; y sería despreciable
guardarme y cuidarme el tiempo de tres soles,
y refrenar este espíritu ya viejo, pero que arde en el deseo
de seguir aprendiendo, como se sigue a una estrella que cae,
más allá del límite más extremo del pensamiento humano.

Éste es mi hijo, mi propio Telémaco,
a quien dejo el cetro y esta isla.
Lo quiero mucho; tiene el criterio para triunfar
en esta labor, para civilizar con prudente paciencia
a un pueblo rudo, y para llevarlos lentamente
a que se sometan a lo que es útil y bueno.
Es del todo impecable, dedicado completamente
a los intereses comunes, y se puede confiar
en que sea compasivo y cumpla los ritos
con que se adora a los dioses tutelares
cuando me haya ido. Él hace lo suyo, yo, lo mío.

Allí está el puerto; el barco extiende sus velas;
allí llama el amplio y oscuro mar. Vosotros, mis marineros,
almas que habéis trabajado y sufrido y pensado junto a mí,
y que siempre tuvisteis una alegre bienvenida
tanto para los truenos como para el día despejado, recibiéndolos
con corazones libres e inteligencias libres, vosotros y yo hemos envejecido.
La ancianidad tiene todavía su honra y su trabajo.
La muerte lo acaba todo: pero algo antes del fin,
alguna labor excelente y notable, todavía puede realizarse,
no indigna de quienes compartieron el campo de batalla con los dioses.
Las estrellas comienzan a brillar sobre las rocas:
el largo día avanza hacia su fin; la lenta luna asciende; los hondos
lamentos son ya de muchas voces. Venid, amigos míos.
No es demasiado tarde para buscar un mundo nuevo.
Zarpemos, y sentados en perfecto orden hiramos
los resonantes survos, pues me propongo
navegar más allá del poniente y el lugar en que se bañan
todos los astros del occidente, hasta que muera.
Es posible que las corrientes nos hundan y destruyan;
es posible que demos con las Islas Venturosas,
y veamos al gran Aquiles, a quien conocimos.
A pesar de que mucho se ha perdido, queda mucho; y, a pesar
de que no tenemos ahora el vigor que antaño
movía la tierra y los cielos, lo que somos, somos:
un espíritu ecuánime de corazones heroicos,
debilitados por el tiempo y el destino, pero con una voluntad decidida
a combatir, buscar, encontrar y no ceder.

Versión de Randolph D. Pope



Pensamientos de amor

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Poem Alfred Lord Tennyson - The Lady of Shalott - Poemas en ingles traducidos



Poemas en ingles traducidos al castellano español



The Lady of Shalott
Alfred Lord Tennyson (1809-1892)


On either side the river lie
Long fields of barley and of rye,
That clothe the wold and meet the sky;
And through the field the road run by
To many-tower'd Camelot;
And up and down the people go,
Gazing where the lilies blow
Round an island there below,
The island of Shalott.
Willows whiten, aspens quiver,
Little breezes dusk and shiver
Through the wave that runs for ever
By the island in the river
Flowing down to Camelot.
Four grey walls, and four grey towers,
Overlook a space of flowers,
And the silent isle imbowers
The Lady of Shalott.
By the margin, willow veil'd,
Slide the heavy barges trail'd
By slow horses; and unhail'd
The shallop flitteth silken-sail'd
Skimming down to Camelot:
But who hath seen her wave her hand?
Or at the casement seen her stand?
Or is she known in all the land,
The Lady of Shalott?
Only reapers, reaping early,
In among the bearded barley
Hear a song that echoes cheerly
From the river winding clearly;
Down to tower'd Camelot;
And by the moon the reaper weary,
Piling sheaves in uplands airy,
Listening, whispers, " 'Tis the fairy
The Lady of Shalott."
There she weaves by night and day
A magic web with colours gay.
She has heard a whisper say,
A curse is on her if she stay
To look down to Camelot.
She knows not what the curse may be,
And so she weaveth steadily,
And little other care hath she,
The Lady of Shalott.
And moving through a mirror clear
That hangs before her all the year,
Shadows of the world appear.
There she sees the highway near
Winding down to Camelot;
There the river eddy whirls,
And there the surly village churls,
And the red cloaks of market girls
Pass onward from Shalott.
Sometimes a troop of damsels glad,
An abbot on an ambling pad,
Sometimes a curly shepherd lad,
Or long-hair'd page in crimson clad
Goes by to tower'd Camelot;
And sometimes through the mirror blue
The knights come riding two and two.
She hath no loyal Knight and true,
The Lady of Shalott.
But in her web she still delights
To weave the mirror's magic sights,
For often through the silent nights
A funeral, with plumes and lights
And music, went to Camelot;
Or when the Moon was overhead,
Came two young lovers lately wed.
"I am half sick of shadows," said
The Lady of Shalott.
A bow-shot from her bower-eaves,
He rode between the barley sheaves,
The sun came dazzling thro' the leaves,
And flamed upon the brazen greaves
Of bold Sir Lancelot.
A red-cross knight for ever kneel'd
To a lady in his shield,
That sparkled on the yellow field,
Beside remote Shalott.
The gemmy bridle glitter'd free,
Like to some branch of stars we see
Hung in the golden Galaxy.
The bridle bells rang merrily
As he rode down to Camelot:
And from his blazon'd baldric slung
A mighty silver bugle hung,
And as he rode his armor rung
Beside remote Shalott.
All in the blue unclouded weather
Thick-jewell'd shone the saddle-leather,
The helmet and the helmet-feather
Burn'd like one burning flame together,
As he rode down to Camelot.
As often thro' the purple night,
Below the starry clusters bright,
Some bearded meteor, burning bright,
Moves over still Shalott.
His broad clear brow in sunlight glow'd;
On burnish'd hooves his war-horse trode;
From underneath his helmet flow'd
His coal-black curls as on he rode,
As he rode down to Camelot.
From the bank and from the river
He flashed into the crystal mirror,
"Tirra lirra," by the river
Sang Sir Lancelot.
She left the web, she left the loom,
She made three paces through the room,
She saw the water-lily bloom,
She saw the helmet and the plume,
She look'd down to Camelot.
Out flew the web and floated wide;
The mirror crack'd from side to side;
"The curse is come upon me," cried
The Lady of Shalott.
In the stormy east-wind straining,
The pale yellow woods were waning,
The broad stream in his banks complaining.
Heavily the low sky raining
Over tower'd Camelot;
Down she came and found a boat
Beneath a willow left afloat,
And around about the prow she wrote
The Lady of Shalott.
And down the river's dim expanse
Like some bold seer in a trance,
Seeing all his own mischance –
With a glassy countenance
Did she look to Camelot.
And at the closing of the day
She loosed the chain, and down she lay;
The broad stream bore her far away,
The Lady of Shalott.
Lying, robed in snowy white
That loosely flew to left and right –
The leaves upon her falling light –
Thro' the noises of the night,
She floated down to Camelot:
And as the boat-head wound along
The willowy hills and fields among,
They heard her singing her last song,
The Lady of Shalott.
Heard a carol, mournful, holy,
Chanted loudly, chanted lowly,
Till her blood was frozen slowly,
And her eyes were darkened wholly,
Turn'd to tower'd Camelot.
For ere she reach'd upon the tide
The first house by the water-side,
Singing in her song she died,
The Lady of Shalott.
Under tower and balcony,
By garden-wall and gallery,
A gleaming shape she floated by,
Dead-pale between the houses high,
Silent into Camelot.
Out upon the wharfs they came,
Knight and Burgher, Lord and Dame,
And around the prow they read her name,
The Lady of Shalott.
Who is this? And what is here?
And in the lighted palace near
Died the sound of royal cheer;
And they crossed themselves for fear,
All the Knights at Camelot;
But Lancelot mused a little space
He said, "She has a lovely face;
God in his mercy lend her grace,
The Lady of Shalott."


La dama de Shalott

A ambos lados del río se despliegan
anchos campos de cebada y centeno,
que decoran la tierra y se reúnen con el cielo;
y a través del campo se extiende el camino
que va hacia las torres de Camelot;
y la gente va y viene,
contemplando el lugar donde se balancean los lirios
alrededor de la isla de allí abajo,
la isla de Shallot.
Los sauces palidecen, tiemblan los álamos,
las leves brisas se ensombrecen y tiemblan
en las olas que discurren sin cesar
por el río que rodea la isla
fluyendo hacia Camelot.
Cuatro muros grises y cuatro torres grises,
dominan un lugar rebosante de flores,
y la silenciosa isla aprisiona
a la Dama de Shallot.
Por la orilla, cubiertas por los sauces,
se deslizan las pesadas barcazas
tiradas por lentos caballos; e ignorada
navega la chalupa con revoltosa vela de seda
rasurando las aguas hacia Camelot:
pero, ¿Quién la ha visto agitando su mano?
¿O asomada en el marco de la ventana?
¿Acaso es conocida en todo el reino
la Dama de Shallot?
Sólo los segadores, segando temprano
entre la espesura de cebada,
escuchan un canto que resuena vivamente
desde el río transparente que serpea,
hacia las torres de Camelot:
Y a la luz de la luna, el cansado segador,
apilando los fajos en aireadas mesetas,
al escucharla, murmura: "Es el hada
Dama de Shallot".
Allí, noche y día,
teje un mágico lienzo de alegres colores.
Ha oído un susurro advirtiéndole
que una maldición caerá sobre ella
si mira hacia Camelot.
Desconoce el tipo de que maldición es,
y debido a ello teje sin parar,
sin preocuparse de nada más,
la Dama de Shallot.
Y moviéndose a través de un cristalino espejo
colgado todo el año ante ella,
aparecen las tinieblas del mundo.
Ve la cercana calzada
discurriendo hacia Camelot:
ve los arremolinados torbellinos del río,
los rudos patanes pueblerinos,
y las capas rojas de las muchachas,
provinientes de Shallot.
A veces, un grupo de alegres damiselas,
un abad deambulando,
a veces, un pastorcillo con bucles en el pelo,
o un paje con melena y vestido carmesí,
van hacia las torres de Camelot;
Y a veces, a través del azul espejo
los caballeros vienen cabalgando en pares:
No tiene un caballero leal y franco,
la Dama de Shallot.
Pero aún gozando en tejer en su lienzo
las visiones del mágico espejo,
-cuando a menudo en las noches silenciosas
un funeral, con velas, penachos y música,
se dirigía hacia Camelot;
o cuando la luna estaba en lo alto,
y llegaban dos amantes recién casados-
"Cansada estoy de las sombras",
dijo la Dama de Shallot.
A tiro de arco de su alero,
cabalgaba entre los fajos de cebada,
el sol resplandecía por entre las hojas,
y llameó en las grebas de bronce
del intrépido Lanzarote.
Un cruzado de rodillas para siempre
ante una dama en su escudo,
que resplandecía entre los dorados campos,
cercanos a la remota Shallot.
Las engarzadas bridas brillaban libres,
como las ramificaciones estelares
que vemos suspendidas en la áurea Galaxia.
Alegres resonaban los cascabeles
mientras él cabalgaba hacia Camelot:
y de su ostentoso tahalí colgaba
un poderoso clarín de plata,
y al galope su armadura repicaba,
cerca de la remota Shallot.
Bajo el azul del despejado día
brillaba la lujosa montura de cuero,
el yelmo junto con su pluma
ardían juntos en una única llama,
mientras él cabalgaba hacia Camelot.
Como suele suceder en la purpúrea noche,
bajo radiantes constelaciones, algunos meteoros,
trayendo una estela de luz
gravitan sobre la apacible Shallot.
Su frente clara y amplia resplandecía al sol;
con cascos bruñidos pisaba su caballo;
bajo el yelmo flotaban sus rizos negros
como el carbón mientras cabalgaba,
mientras cabalgaba hacia Camelot.
Desde la orilla y el río
Brilló en el cristalino espejo,
"Tirra lirra", por el río
cantaba Sir Lancelot.
Ella dejó el lienzo, dejó el telar,
dio tres pasos por la habitación,
vio florecer el lirio en el agua,
vio la pluma y el yelmo,
y miró hacia Camelot.
La tela salió volando y ondeó en el vacío;
El espejo se quebró de lado a lado;
"la maldición cae sobre mí",
gritó la Dama de Shallot.
Tensos, bajo el tormentoso viento del este,
los dorados bosques empalidecían,
la corriente gemía en la ribera,
el cielo encapotado llovía fuertemente
sobre las torres de Camelot;
Ella descendió y halló una barca flotando
junto al tronco de un sauce,
y alrededor de la proa escribió
"La Dama de Shallot".
Y en la oscura extensión río abajo
-como un audaz vidente en trance,
contemplando su infortunio
-con turbado semblante
miró hacia Camelot.
Y al final del día la amarra soltó,
dejándose llevar; la corriente lejos
arrastró a la Dama de Shallot.Yaciendo, vestida
con níveas telas ondeando sueltas a los lados
-cayendo sobre ella las ligeras hojas-
a través de los susurros nocturnos
navegó río abajo hacia Camelot:
Y yendo su proa a la deriva
entre campos y colinas de sauces,
oyeron cantar su última canción,
a la Dama de Shallot.
Escucharon una tuna,
lastimera, implorante,
tanto en voz alta voz como en voz baja,
hasta que su sangre se fue helando lentamente,
y sus ojos se oscurecieron por completo,
vueltos hacia las torres de Camelot;
Y es que antes de que fuera llevada por la corriente
hacia la primera casa junto a la orilla,
murió cantando su canción,
la Dama de Shallot.
Bajo torres y balcones,
por muros de jardín y tribunas,
con brillante esbeltez pasó flotando,
entre las casas, pálida como la muerte
y silenciosa por Camelot.
A los muelles acudieron,
caballeros y burgueses, damas y lores,
y en torno a la proa su nombre leyeron,
La Dama de Shallot.
¿Quién es? ¿Y qué hace aquí?
Y junto al iluminado palacio,
cesaron los sones de vitoreo real;
y temerosos se persignaron
todos los caballeros de Camelot:
Pero Lancelot se quedó pensativo;
dijo, "Tiene un rostro hermoso;
Dios, en su bondad, la llenó de gracia,
a la Dama de Shallot".



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